Un petit mot posé au coin d'un meuble . Anna, toujours aussi aimable dans ses mots . J'avais passé la journée avec Ugo, après l'entretien entre mon nouveau collaborateur,
David Jost, et moi-même . Fière de ce qui m'arrivait . J'allais être la photographe attitrée de
supers-stars-du-rock pendant 2 mois, tout au plus . Je ne connaissais rien de ce groupe, et pour tout dire, je m'en fichais éperduement . Ma seule contrariété était celle de ma meilleure amie . Elle allait restée 3 semaines ici, à Hambourg, alors que je partirais pour 2 mois avec quatres jeunes hommes, en France et ailleurs, et d'ici trois jours, à peine ... Mon fin minois oscillait entre
le pour et le contre .
« Un paquet sur ton lit ma chérie » ; Cela m'était complétement sorti de la tête . Aux environs de vingt heures, afin de rejoindre ma chambre, je me dirigeais dans ce long couloir . Il était bien là ce fameux «
paquet » . Je m'empressais de l'ouvrir et d'en sortir maladroitement une jolie robe de couleur noire, arborant un décolleté plongeant et ornée d'une ceinture en soutenant la taille . Après une douche brûlante, j'enfilais ce sublime bout de tissu, le laissant dignement carresser chacunes de mes formes . Je ne me maquillais que discrètement . Et tout en faisant claquer mes escarpins sur le sol, je filais vers la porte d'entrée . Après avoir saisis mon sac et appellé un taxi, je me dirigea vers l'hôtel d'Anna . Ma montre indiquait vingt et une heures vingt, j'étais en avance de dix minutes . Tout comme Anna . Claquant des dents à cause du froid, cette dernière, m'attendait près de la porte d'un immence immeuble, une clope au bec .
- Déjà là ? Mais dis-donc, on ferait bien de se dépêcher il va pleuvoir si ça continue ! me dit Anna , avec un air des plus comique .
Je ne pût m'empêcher de rire et répliqua .
-
Oh mon dieu Anna, quelle ironie ! - Eh, c'est bon madame la rancunière, un peu d'humour !-
Où est-ce que tu m'emmènes ? Un sourire apparût sur mes lèvres rosées .
- Ahah, surprise ma belle .-
Anna ! S'il-te-plaît ? - Ah non Laura ! Tes yeux de chien battu, ça ne marche pas avec moi !C'est sur ses mots qu'elle prit son air niais, comme elle savait si bien le faire . D'un grand signe de main, elle héla le premier taxi qui passait . Je ne savais pas encore où elle m'enmenais, ni ce que nous allions faire de cette fameuse soirée . Mon impatience grandissait et Anna le savait bien . Elle me connaissait par coeur,
elle .
Coldplay sur les ondes, nous descendîmes devant une discothèque, une des plus chics et réputées, d'Hambourg . Celle là même qui grouillait de nombreuses stars connues internationallement . Où les bourges se retrouvaient, s'accaparant une multitude de bouteilles de champagne, celle aussi où se déroulaient la plupart des défilés de
Vogue . Dans la prochaine édition, on verra un grand nombre de photos signés de mon propre nom .
La file de gens s'aggrandissait de plus en plus, depuis notre descente de taxi . L'un des videurs lança un regard à Anna en lui faisant signe de s'avancer . À croire que son charme opère toujours ? Une possibilité de pouvoir rentrer à cette soirée pour ainsi dire, privée . Anna s'avança vers ce grand baraqué, et accompagnée d'un petit clin d'oeil de ma part, elle en vint à le remercier d'une voix à peine audible, d'ailleurs couverte par la musique qui épuisait déjà nos oreilles .
D'un air ébahi je regardais ma meilleure amie, gênée, avec un sourire aux coins des lèvres . Le mien perça la marée humaine, qui bordait les moindres recoins de cet endroit, tandis que mon coeur, lui, tremblait de bonheur . Merci Anna, encore une fois . Toutes deux, accoudées au bar, une tequila en main et souriantes, nous regardions les gens danser sur la piste . D'un rire sourd de temps à autres, nous échangions des regards plus qu'admiratifs, sur certains hommes, qui rôdaient autour de nous . Mais depuis un moment, je ne scrutais que la «
perfection » de celui qui me faisait face, plus loin . Des dreadlocks ensevelis sous une casquette, des traits fins, un sourire charmeur, des billes noisettes qui me fixait totallement et un détail qui me fit sursauter de nostalgie . Ce piercing . Au coin de sa lèvre, brillant .
Cette nuit-là ; ce dix-huitième anniversaire . Je retrouvais mes esprits et me figeais . Figée de peur . Essayant de contenir mes larmes qui essayaient, en vain, de s'échappaient de mes yeux clairs, mon sourire se crispa, lui avec, et ma pointure 38 me dirigea vers la sortie plus vite encore que je ne l'aurait pensé . Je passais de nouveau devant ce videur, la tête entre mes mains, relachant ma peine . Je me laissais tomber sur un bord de trottoir, un peu plus loin . Mes sanglots éclataient et mille et une larmes humidifiaient bientôt mes joues, les rendant pâles de tristesse . Ma mélancolie m'emportait .
Encore et encore .
- Laura ? Je songea à relever la tête, mal à l'aise . Je n'eûs le temps de le faire, que la personne était déjà assise à mes côtés, un bras sur mon épaule . Je me retourna, brusquement . Mon souffle se coupa, mes yeux se figèrent . Cétait
lui . Un sourire, comme gêné, apparut sur ses lèvres ornées d'une brillance, et ma bouche laissa sortir quelques mots .
-
Tu...On... On se connait ? Hônteuse, débile . Je ne suis qu'une singulière et profonde
conne . Je me méprise à cet instant même .
Remember .
- Pour ainsi dire, oui . Je... je suis un ami de... Nicolas . On s'est déjà rencontrés, par accident je crois même, non ?Nicolas . Ce prénom résonnait en moi comme le son d'une vague s'écrasant contre les rôchers . Comme une feuille qui se déchire, en petits morceaux ou comme le bruit des gouttes de pluie qui s'écrasent au sol . Ou bien même, comme une danseuse virvoltant au rythme de ses pointes sur le parquet, talqué . Comme un feu qui se consume, peu à peu . Mais dans ce moment là, c'était mon coeur qui se consummait, à petit feu ... Je n'avais qu'une envie : laisser échapper la douleur qui encrées mes perles, sur son épaule . Il vû, à quel point j'allais mal . À quel point il me faisait souffrir, ce Nicolas . Il ne résista pas et, moi non plus . Il s'approcha de moi, et me serra tout contre lui . Elles s'échappérent, peu à peu .
Euphoriquement . De mes mains tremblantes, je les passa dans son dos et un frisson se fût ressentir . Je n'avais jamais connu une telle douceur dans une simple accollade, depuis longtemps . La passion avec laquelle il me regardait, ou bien celle qu'il avait quand simplement, il passait ses mains chaudes qui longeaient mon échine . Je lui pris la main d'un geste vif, l'entrainant de nouveau à l'intérieur . J'essuya tout de même, les traces humides sous mes yeux, et nous entrons enfin .
-
Viens avec moi ...Je l'enmène sur la piste de danse ou déjà une foule s'agglutinait autour de nous . Nos déhanchés étaient provocateurs, ce qui nous fît sourrir, l'un comme l'autre . Ses mains sur mes hanches, les miennes autour de son cou . J'aimais cet image . Il me faisait redécouvir la joie que j'avais perdue, depuis ce soir-là . Qu'il était beau . Ma contemplation se stoppa net quand une espèce d'androgyne s'approcha près de mon partenaire de danse pour lui aggriper l'épaule . Je n'entendais ce qui se trammait entre lui et, avec ma plus grande surprise, le double de ce jeune homme . Les même traits déssinés, le regard noisette et ces longs doigts fins . Il s'approcha de moi, me colla un chaste baiser sur un coin de mes lèvres, et d'un remerciement, pour cette danse, il s'éloigna .
Loin, loin de moi . Plantée au milieu de la piste,
seule . Le voyant s'attarder devant cette sortie, je le rejoignis, en courant, avant qu'il ne s'enfuis .
-
Attends ! Je ne connais même pas ton nom ?Un sourire,
charmeur, évidemment .
- Tom . Tom Kaulitz .